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août 7, 2022
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Tour d’horizon autour des oeuvres de Isaac Volcy : Prix Morisseau Leroy 2020.

Isaac volcy fraîchement élu prix Morisseau Leroy 2020, est un passioné de la littérature et du théatre, ce natif de Port-salut se laisse imbiber par les mots pour proposer aux lecteurs ,particulièrement ses fans des textes qui dégagent une odeur poétique impeccable, à la rubrique :  » Livre à la Une  » consacrée aux auteurs, écrivains, et aux activités littéraires , » Eguens Infos Culturelles  » vous propose de paginer la vie littéraire de cet auteur .

Eguens Infos Culturelles: Vous êtes un adulé de l’écriture qui a déjà une certaine auréole, Pourquoi vous vous êtes intéressé au prix littéraire Félix Morisseau  Leroy?

Isaac Volcy : Parfois l’homme-créateur a besoin d’un beau prétexte pour avancer. C’est ainsi que je participe au concours du Prix Félix Morisseau Leroy pour achever une œuvre (manuscrit) que je dédie à l’auteur de Dyakout, soit le fondateur de la nouvelle littérature créole. D’une pierre, deux coups : j’ai remporté le grand prix et l’ouvrage sera publié au Canada par les éditions Jacques Trouillot d’ici le mois de Mars 2021.  Ce prix, précisons-le, a été fondé par le metteur en scène et ancien Journaliste de Radio Vision 2000 David Mezy. Il vise à assurer la pérennité de l’œuvre et la mémoire du poète, écrivain, journaliste et enseignant Felix Morisseau Leroy décédé le 5 septembre 1998 à Miami.

EIC: Ce prix aura t-il une incidence directe sur votre production littéraire?

I.V. : Ce prix est un regard suspect, une indication ou une reconnaissance aux qualités de mes textes. Je salue les responsables du Prix Félix Morisseau Leroy de la poésie et les membres du jury pour cette distinction. Cependant, il n’est pas un conditionnement de ma production littéraire. Je suis un poète-abeille. Butiner de fleur en fleurs pour fabriquer mon miel est mon leitmotiv. 

EIC : Vu l’étoffe de Morisseau Leroy, être gagnant de ce prix vous dit quoi ?

I.V. :« Pour Morisseau Leroy, l’universel est dans la vérité de l’art et toute vérité est dans l’authenticité intégrale d’un projet social de sa conception à sa mise à jour qui prend son ancrage dans son vivier d’abord », selon Claude C. Pierre (Félix Morisseau Leroy, la conscience de l’expression, fondement idéologique d’une poésie, Rencontre no 28-29 / Mars 2013). Un point de vue que je partage, car je crois que le poète n’est pas un prophète, mais il voit loin. Sa vision du monde doit embrasser le projet sociétal. En effet, prendre ce prix signifie qu’il y a d’autres instances, d’autres personnes dans le milieu littéraire qui reconnaissent le travail que je fais, et je dois continuer sans relâche. 

EIC :Vous étiez en lice avec Désir Carl Max steven, Dorvil Nerval, Pierre Réginald Riché, Esdras Devalon, quelle a été  la particularité de votre texte sur 53 qui ont été soumis qui vous a valu ce prix ?

I.V.: Pour les trois premières éditions, les récipiendaires du Prix Felix Morisseau Leroy ont été choisis pour la reconnaissance de leur travail dans le milieu littéraire et artistique. Mais cette année, les textes ont été soumis à un comité de lecture (soit un jury de 5 membres) avec des numéros aléatoires, et les noms des auteurs n’apparaissaient pas sur les textes. Ce qui a rendu le processus tout à fait anonyme et crédible. Et « Lakòl », le texte avec lequel j’ai participé au concours, a séduit les membres du jury pour sa qualité poétique, le style et la langue. C’est ce qui m’a valu le prix. Par ailleurs, il y aura une anthologie qui rendra hommage à Félix Morisseau Leroy avec les textes des finalistes.

EIC: Une idée des récompenses du prix littéraire Félix Morisseau 2020, à quand et où la remise de ce prix?

 I.V.: Selon le communiqué de presse, les récompenses sont les suivantes :  

•    « Une prime en espèces de 500 $ canadien ;  

•     La publication de son texte sur le site des Éditions Jacques Trouillot ;

•     L’édition gratuite de 100 EXEMPLAIRES d’un recueil de poésies du grand gagnant le tout pris en charge par les éditions Jacques Trouillot ; 

•    Une plaque honneur et mérite du Prix Félix Morisseau Leroy ; 

•     Le texte qui reçoit une mention spéciale à défaut de gagner le prix recevra, une plaque d’honneur » 

 En ce qui me concerne, à cause de la covid-19, je me faisais représenter par mon ami co-équipier Jacques Renaud Stinfil qui avait reçu le prix à mon nom le. 8 Novembre dernier à Montréal. 

EIC : Brièvement Présentez-nous « Ma Drapo Souvnans » paru en 2017, « l’arbre oratoire : ma femm , ma terre natale 2018 » paru sur votre plume 

      Il est des empreintes que le temps et l’espace ne sauraient effacer. Ma Drapo Souvnans est un recueil de 33 poèmes en créole qui traduisent mes émotions, ma nostalgie et mes rêves. Ma vision pour un lendemain meilleur résiste aux réalités quotidiennes que vivent mes compatriotes. Je voyage autant dans ma mémoire qu’aux pays étrangers.  En voici un extrait : 

Kilti yon pèp

pa pye sabliye

se ma drapo souvnans

ki plante nan dekou

dèyè do lalin konsyans 

    Quant à « L’arbre oratoire : ma femme, ma terre natale , c est une parole suspendue, une apologie, l’appel à la conscience d’un époux fidèle à sa femme, d’un enfant attaché à sa mère comme un paysan à sa terre natale. Il y a un double jeu entre ma relation avec ma terre natale et le triple rôle de la femme « femme, mère et épouse ». Un jeu qui me permet de saisir les différentes facettes de ma terre natale et les responsabilités que j’ai envers elle. En voici un extrait : 

comment dire en peu de mots 

 l’indicible et l’intangible 

quand le parchemin de la vie devient insuffisant 

Selon le poète Jeudinéma, les vers : « cesse de faire de la poitrine des autres / l’oreiller de tes rêves » résument ma folie qui se veut langage d’arbre. Et le poète-éditeur Anderson Dovilas, « l’arbre oratoire est un oracle à consulter quand on est devenu prisonnier des cultes de culpabilité faisant de l’autre le refrain de nos maux ».  

EIC : Voyons pour les grandes lignes de  « Lang pou lang » qui est publié dans le cadre de la promotion de la langue créole?

En Mars 2020, j’ai offert au grand public un album poésique baptisé « Lang pou lang ». C’est un album de 14 morceaux qui combine poésie avec musique pour exprimer la beauté de la langue et la littérature créoles. Il peut être divisé en trois parties :

  1. la défense de la langue créole
  2. la remise en question du système social, politique et économique en Haïti
  3.  la célébration de l’amitié, de l’amour et de la femme

Sur cet album, il n y a pas que ma voix. D’autres poètes y ont participé, tels que :  André Fouad, Anderson Dovilas. De même que l’artiste Shammas Lorrédan accompagné de Roseleine Volcy (mon épouse) ont chanté certains de mes textes. 

EIC : Vous avez pris des cours de théatre avec un grand homme de planches (Daniel Marcelin), vous pratiquez le théatre également?

I.V. : Effectivement, je suis Dramaturge et Metteur en scène. Grace à mon père Restal Volcy (de très regretté de mémoire), je pratiquais le théâtre dès mon enfance. J’avais l’habitude de jouer du théâtre dans les écoles pour la fête du Drapeau (18 Mai) à Port-Salut. En 2001, j’ai fondé une troupe de théâtre (MINAH) qui allait être parmi les finalistes du concours de textes organisé par Ticket Max Académie en 2006 avec le texte « Pour qu’Haiti renaisse ». Et comme vous le dites, j’ai eu l’occasion de rencontrer l’un des grands hommes de planches, Daniel Marcelin, en 2004-2005, au cours d’un séminaire sur le théâtre patronné par le Ministère de la culture. Cependant, le public me connait beaucoup plus qu’en poésie qu’au théâtre.

EIC : Vos opinions sur la littérature Haïtienne en tant Auteur?

La littérature haïtienne est une littérature très riche en termes de production. Elle marque la scène nationale et internationale. En témoignent diverses distinctions de nos écrivains et écrivaines. Ce qui me fait plaisir, c’est qu’il n y a aujourd’hui aucun sentiment de gène ou d’infériorité pour produire des textes (uniquement) en créole. Et l’on doit reconnaitre le travail des ainés qui ont facilité l’émergence de la nouvelle littérature créole pour notre génération.

Eguens Infos Culturelles: Pour un jeune, qui souhaite remporter le prix Felix Morisseau Leroy, en guise de conseils, vous le diriez quoi ?

Isaac Volcy : Ce n’est pas un prix qui doit être le motif de la production, mais celui de s’exprimer, de transmettre sa vision du monde et de prendre sa place dans la cité.  Mes conseils à tous les jeunes écrivains pourraient être résumés ainsi : ne vous inquiétez pas de la notoriété. Lisez, lisez et lisez encore. Lisez surtout des textes ayant rapport à votre domaine. Embrassez la carrière de l’écriture avec passion et exigences. Tôt ou tard, la qualité de votre travail vous retirera de l’ombre.

Propos recueillis par Eguens Renéus pour Eguens Infos Culturelles

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